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2.0 pour 2000 ?

Si la fin des années 90 fut marquée par l’apparition d’Internet dans les chaumières québécoises, la décennie qui s’est terminée il y a moins d’un mois fut certainement celle du Web 2.0. Des blogues aux sites interactifs en passant par Facebook et Twitter, les années 2000 ont démocratisé l’activité Web et donné une voix à qui veut bien la prendre, pour le meilleur et pour le pire.

Les chroniques prochaines concerneront toutes de près ou de loin cet enjeu de démocratisation du Web et ses influences multiples sur nos vies. Au préalable, un aperçu du phénomène s’impose.

2 point quoi?

Au début des années 90, un des rôles premiers d’Internet fut, outre permettre des échanges via courriels, de donner accès aux utilisateurs à une manne d’informations via un réseau mondial. Aujourd’hui, il offre bien plus : une communication bidirectionnelle. L’activité Web s’est démocratisée à un point tel qu’il est à la portée de tout internaute d’y participer.

Via des sites comme Skyrock ou Blogger, il est possible de parler de tout ce qui vous plaît, des arts à la politique en passant par les voyages et la misogynie. Sur Flickr, vous pouvez partager vos photos avec le Monde; sur Twitter, exprimer ce qui vous passe par la tête, ce que vous venez d’entendre dans la rue ou ce que vous allez faire ce soir; sur Facebook, vous créer un réseau social avec lequel vous partagerez photos et commentaires; sur Wikipedia, apporter des précisions à un article traitant d’une vedette adulée ou de votre village natal.

Bref, loin sont derrière nous les temps où la lecture de pages Web était l’activité principale des internautes. Le 2.0 (prononcé « deux point zéro »), c’est donc le qualificatif pour cette nouvelle façon de naviguer qui donne aux internautes, en plus du traditionnel pouvoir accru d’information, la chance de s’exprimer en temps réel sur une infinité de sujets.

Évidemment, les points positifs de cette révolution sont notoires. Le séisme qui a frappé Haïti, il y a deux semaines, en donne d’ailleurs un aperçu : alors que les infrastructures s’écroulent et avant que les médias internationaux n’atteignent l’île, des premiers signes de vie surgissent via Twitter. Le message « Il y a des corps morts partout» envoyé par Frederic Dupoux au moment du séisme donne d’ailleurs un brutal aperçu de la gravité de la situation avant même que les premières images ne soient diffusées.

Un outil comme Twitter se révèle, dans cette situation, un relayeur efficace d’informations et, par le fait même, un outil de démocratisation alternatif aux médias traditionnels.

Cependant, si avec l’avènement du 2.0 les communications sont plus promptes que jamais auparavant, et qu’une fenêtre sur le Monde s’ouvre pour chaque citoyen, nombreux sont ceux qui tentent d’en relativiser les bénéfices. Plus qu’un sempiternel débat « traditionnel versus contemporain », ce sont une foule d’enjeux qui découlent du 2.0 et qui méritent réflexion.

 Que l’on pense à la question de la qualité de l’information – blogues versus journalisme conventionnel –, à la protection des renseignements personnels et de la vie privée ou à la qualité de la langue française, nombreux sont les effets corollaires qui méritent d’être considérés avant que ne soit annoncé le triomphe du 2.0.

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