Fausses Vérités Astronomiques, troisième partie
Véhiculées dans les films, les médias et même parfois par de prétendus « spécialistes », la majorité des questions que j’ai reçues depuis quelques mois sont en rapport avec celles-ci. C’est pourquoi je vous propose ici un troisième « épisode » des fausses vérités astronomiques.
Même les guides officiels qui vous feront visiter la grande muraille de Chine vous diront qu’elle est visible de l’espace, même de la Lune! Malgré que les Chinois ont raison d’en être fiers, c’est faux. Premièrement, parce qu’elle est très mince. Sa largeur est en moyenne de cinq mètres et elle ne dépasse pas neuf mètres de large. De plus, comme la grande muraille a été construite avec des matériaux provenant de son environnement immédiat, elle est donc souvent de la même couleur, ou presque, que tout ce qui l’entoure.
Elle est aussi construite pour suivre les contours naturels d’un sol très irrégulier et montagneux, ce qui en fait une ligne tortueuse qui serait bien difficile à discerner, car elle est pleine de plis. De plus, au total elle est bien longue, mais elle a été construite en sections séparées et discontinues. Finalement, la végétation est parfois assez fournie autour de ses murs, ce qui contribue à la dissimuler encore plus. Totalement invisible de la Lune (située à environ 300,000 km) elle n’est pas visible de la station spatiale internationale non plus (l’ISS orbite à 300 km d’altitude environ).
Il y a quand même certaines constructions humaines visibles de l’ISS pour flatter le narcissisme humain. Certaines sections droites de la Trans-Canadienne où le pourtour a été dégagé sur plusieurs mètres sont surtout visibles lorsque les immenses champs de céréales sont jaunes. Certains astronautes aiment aussi regarder les ombres que projettent les pyramides lorsqu’ils les survolent au matin – mais étant donné leur couleur identique à celle du sol, les pyramides elles-mêmes ne sont pas visibles, c’est seulement leur ombre sur le sol qu’on peut voir. Quant aux villes importantes, mis à part sous forme d’un nuage gris et diffus, elles ne sont visibles que durant la nuit à cause de l’éclairage.
Certains films cherchent à faire peur, et c’est toujours bien d’avoir des « sensations fortes ». Cependant, si par un heureux hasard vous découvrez un gros astéroïde dans votre télescope – vous ne pourrez pas savoir où il se dirige. Déterminer sa direction ou sa vitesse demande plusieurs observations sur plusieurs soirs, voire plusieurs mois.
Dans un film récent, un jeune homme découvre un astéroïde et avec seulement une photo, un astronome professionnel qu’il connaît lui confirme froidement que l’astéroïde est bien en route pour détruire la Terre. Brrr….
Dans plusieurs autres films, on voit régulièrement le pilote d’un vaisseau spatial ressemblant à un avion de chasse circuler à pleine vitesse entre des astéroïdes, en accrochant un même parfois afin de mettre un peu plus de sensations fortes dans le film. Disons simplement qu’il y a en moyenne deux millions de kilomètres entre chaque astéroïde de la grande ceinture d’astéroïdes qui existe entre Mars et Jupiter.
Ça laisse donc amplement de place pour passer et voir venir les obstacles!
Récemment, j’ai vu sur la boite d’un télescope bon marché qu’on pouvait l’utiliser pour voir plein de choses, dont des étoiles filantes. Déjà que la qualité douteuse de ce télescope est probablement à peine assez bonne pour observer la Lune, il est tout simplement impossible pour n’importe quel télescope d’observer une étoile filante. Une étoile filante est un petit caillou, voire un petit grain de sable, qui file à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres heure. Sans oublier que son éclat ne dure rarement plus qu’une seconde, il faudrait être assez doué, voire « superman » pour le trouver à temps et le suivre dans le ciel avec son télescope.
Je ne dirai jamais assez de vous méfier des télescopes offerts dans les magasins de grande surface. Pour Noël cette année, pourquoi ne pas offrir une visite dans un observatoire comme le Mont Mégantic, l’Observatoire de la Découverte ou bien le Mont Cosmos?
Ou bien un petit voyage vers le Planétarium de Montréal ou le Cosmodôme de Laval?
Je veux terminer cette chronique sans oublier de vous annoncer un bel événement astronomique pour les couche-tard, dans la nuit du 20 au 21 décembre vers deux heures du matin se produira une éclipse de Lune. Un beau spectacle où la pleine Lune entre dans la pénombre de la Terre. La Lune prend alors une allure sombre et rougeâtre pour plusieurs minutes.
Si vous n’en avez jamais vu, je peux vous assurer que ça vaut la peine de voir le cycle complet de l’éclipse alors qu’on voit la Lune changer complètement d’allure – espérons que la météo collaborera pour nous offrir un ciel dégagé.
Merci pour vos commentaires et vos questions. Continuez à me les envoyer via le site internet de l’Observatoire du Mont Cosmos au www.montcosmos.com. Joyeuses fêtes et profitez bien des aspects positifs de l’hiver.



