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	<title>Aventures arctiques de marins de la Côte-du-Sud sous le commandement du Capt. J.-E. Bernier</title>
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	<description>Aventures arctiques de marins de la Côte-du-Sud sous le commandement du Capt. J.-E. Bernier</description>
	<pubDate>Wed, 14 Oct 2009 15:28:16 +0000</pubDate>
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		<title>Dernière chronique: Le retour de l&#8217;Artic</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Oct 2009 15:28:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Capt. J.-E. Bernier</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Dans la matinée du 4 octobre, nous passâmes devant le phare de l’île Verte, où nous rencontrâmes plusieurs navires qui descendaient le fleuve. Comme ils reconnurent l’Artic ils nous firent des signaux de bienvenue, auxquels nous répondîmes avec grand plaisir.

À 7 h 30 du soir nous nous trouvions en face de L&#8217;Islet, ma paroisse natale, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la matinée du 4 octobre, nous passâmes devant le phare de l’île Verte, où nous rencontrâmes plusieurs navires qui descendaient le fleuve. Comme ils reconnurent l’Artic ils nous firent des signaux de bienvenue, auxquels nous répondîmes avec grand plaisir.</p>
<p><span id="more-121"></span></p>
<p>À 7 h 30 du soir nous nous trouvions en face de L&#8217;Islet, ma paroisse natale, où de braves amis signalèrent leur satisfaction de nous voir revenir sains et saufs des régions boréales en allumant de nombreux feux de joie le long de la côte.</p>
<p>Il y eut alors à bord un service religieux, afin de remercier la Providence de nous avoir permis de retourner en bonne santé dans nos foyers sans qu’aucun accident ne se soit produit au cours de notre voyage.</p>
<p>Le mardi, 5 octobre, dans la matinée, nous terminions notre croisière en mouillant par le travers du quai du Roi, à Québec. Peu après l’Artic était amarré à ce quai, et confié aux soins de l’agent local du ministère de la Marine et des Pêcheries.</p>
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		<title>Ashe-Inlet</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Oct 2009 14:19:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Capt. J.-E. Bernier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 21 septembre, je débarquai à Ashe-Inlet, pour y placer sur une colline des documents attestant mon passage précisément à l&#8217;endroit où l&#8217;on avait jadis établi un poste d&#8217;observation. En cette occasion je fis ajouter quelques pierres à l&#8217;observatoire rustique dont je parle, afin de mieux protéger les documents que j&#8217;y laissais.

De plus, je fis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 21 septembre, je débarquai à Ashe-Inlet, pour y placer sur une colline des documents attestant mon passage précisément à l&#8217;endroit où l&#8217;on avait jadis établi un poste d&#8217;observation. En cette occasion je fis ajouter quelques pierres à l&#8217;observatoire rustique dont je parle, afin de mieux protéger les documents que j&#8217;y laissais.</p>
<p><span id="more-117"></span></p>
<p>De plus, je fis construire deux balises en bois sur la côte, appelées à faciliter l&#8217;accès du mouillage. Quand ces balises furent terminées, je les fis marquer de façon à indiquer que ces amers avaient été construits par l&#8217;équipage de l’Arctic.</p>
<p>À midi, accompagné d&#8217;un second-maître et de quatre hommes, je me rendis au sommet de la colline la plus élevée, où un M. Tyrrel avait construit un amers lors d&#8217;une expédition antérieure. De cette colline, nous apercevions très bien le détroit qui, à certains moments, était absolument exempt de glaces. Le jeudi, un vent grand frais du sud-sud-est, se fit sentir et nous obligea à donner 90 brasses de plus de chaînes à nos ancres.</p>
<p>Comme la tempête ne faisait qu&#8217;augmenter, nous dûmes mouiller deux ancres de plus à l&#8217;avant de l&#8217;Arctic, pour l&#8217;empêcher de chasser, et nous fîmes machine en avant très lentement. La rade de Ashe-Inlet n&#8217;est pas suffisamment abritée pour qu&#8217;un navire quelconque s&#8217;y trouve en sûreté par des vents du sud-est. Nous n&#8217;y fûmes pas entraînés à la dérive, mais nous avions dû nous préparer à faire machine en avant à toute vapeur si nécessaire.</p>
<p>À 1 h 10 de l&#8217;après-midi, à la haute mer, les vagues grossirent beaucoup. Deux heures après, le vent s&#8217;étant calmé, je fis hisser les deux ancres supplémentaires, et, le lendemain matin, comme il ne faisait plus qu&#8217;une légère brise du sud-est et que la mer s&#8217;était calmée, nous mîmes deux embarcations à la mer pour débarquer plusieurs de nos hommes et : MM. McMillan et Jackson, les deux savants dont nous avons déjà parlé maintes fois.</p>
<p>Quand tout le monde fut de retour à bord, nous quittâmes la baie. À son entrée se trouvait un grand iceberg qui s&#8217;était échoué et au nord duquel nous passâmes. Quant à la balise dont nous avons parlé, elle a été placée pour marquer un rocher que la haute mer recouvre, sur le côté nord-est de l&#8217;entrée de la baie.</p>
<p>Le 25 septembre, le temps fut clair et il souffla une légère brise du sud-ouest. Nous mîmes toutes voiles dehors, et à midi, nous nous trouvions par 610 20&#8242; de latitude Nord et 660 40&#8242; de longitude Ouest. La déclinaison était de 54 degrés Ouest. Dans la matinée de cette journée, nous rencontrâmes quelques glaçons, mais à midi nous n&#8217;aperçûmes plus de glace.</p>
<p>Le temps se maintenait beau et le navire continuait à très bien marcher. À 9 h30 du soir nous nous retrouvions à la hauteur des îles Button, et à minuit cet archipel se trouvait à 5 milles de nous dans le sud-ouest. Le temps était réellement superbe et il ne changea pas le lendemain, 26, ce qui nous permit de voir la terre dans l&#8217;ouest et d&#8217;apercevoir les premiers signes de la civilisation. Il était évident que nous approchions de nos foyers.</p>
<p>Le 27, nous passâmes à 12 milles du cap Mugford, que nous laissâmes dans le nord-ouest. Nous venions d&#8217;avoir deux jours et deux nuits de très beau temps, avec mer exempte d&#8217;icebergs, ce qui nous avait permis de suivre une bonne partie de la côte du Labrador sans la moindre difficulté. Comme le temps se maintenait au beau et était relativement chaud à cette époque de l&#8217;année, j&#8217;ordonnai à l&#8217;équipage de repeindre le bâtiment.</p>
<p>Le mardi, 30, à 2 h, du matin, du nid de corbeau, la vigie aperçut le phare de Belle-Isle devant nous, à une aire de vent près. Désirant beaucoup traverser le détroit pendant le beau temps, je passai devant Château-Bay sans m&#8217;y arrêter. Cependant, quand nous eûmes atteint la pointe Armour, j&#8217;envoyai le second lieutenant à terre, pour informer télégraphiquement le ministère de la Marine et des Pêcheries de l&#8217;arrivée de l&#8217;Arctic.</p>
<p>Peu après, le vent d&#8217;Est mit fin au beau temps et il plut; néanmoins, ayant mis dehors toute la toile possible, nous continuâmes à faire huit nœuds à l&#8217;heure.</p>
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		<title>Nous recevons du courrier à Port-Albert</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 15:53:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Capt. J.-E. Bernier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Dès notre arrivée, le second lieutenant fut envoyé à terre pour prendre le courrier, qu&#8217;après arrangements spéciaux, le baleinier Morning, de Dundee, devait nous avoir apporté à Port-Alber. En effet, grâce à l&#8217;obligeance de M. Robert Kinnes, de Dundee, Écosse, armateur du Morning, nos lettres avaient été apportées à son poste de baleinier, à Port-Albert.

Aucun [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dès notre arrivée, le second lieutenant fut envoyé à terre pour prendre le courrier, qu&#8217;après arrangements spéciaux, le baleinier Morning, de Dundee, devait nous avoir apporté à Port-Alber. En effet, grâce à l&#8217;obligeance de M. Robert Kinnes, de Dundee, Écosse, armateur du Morning, nos lettres avaient été apportées à son poste de baleinier, à Port-Albert.</p>
<p><span id="more-113"></span></p>
<p>Aucun navire baleinier n&#8217;était à ce moment sur ce point de la côte, mais notre courrier avait été confié à une femme indigène du nom d&#8217;Arrah, qui remit à notre lieutenant de nombreux paquets de lettres et de journaux. Les nouvelles que nous recevions tous étaient agréables et satisfaisantes, sauf quant au troisième lieutenant qui apprenait la mort de sa mère.</p>
<p>Nous passâmes une journée à terre, au milieu des indigènes, et M. Jackson, qui était officiellement autorisé à percevoir les droits de douane versés par les navires marchands, s&#8217;enquit de l&#8217;arrivée de ces navires. Quant à M. McMillan, il se livra à des recherches géologiques dans le voisinage de Port-Albert.</p>
<p>Comme les indigènes m&#8217;informèrent que l&#8217;on n&#8217;attendait pas d&#8217;autres bâtiments à Port-Albert, je décidai de faire route vers le Sud, tout en continuant nos observations le long de la côte, sans savoir, cependant, ce qui pourrait nous advenir quant à des avaries ou à la possibilité de nous faire prendre dans les glaces. Nous laissâmes du courrier à Port-Albert, pour que des baleiniers de Dundee le fassent parvenir au département de la Marine et des Pêcheries.</p>
<p>Nous levâmes l&#8217;ancre à Port-Albert le 3 septembre, passâmes devant l&#8217;île de Belœil, que nous avions ainsi nommée l&#8217;année précédente, et fûmes bientôt dans le voisinage de deux petites îles que nous portâmes sur les cartes, où elles n&#8217;existaient pas.</p>
<p><strong>Port-Erik</strong></p>
<p>À titre de renseignements nautiques, nous donnons ici une description de Port-Erik, dont, en général, le nom ne figure pas sur les cartes. Ce port naturel qui est formé par un golfe profond, a environ 5 milles de large à son entrée et s&#8217;avance de 6 milles dans les terres. Comme des glaciers atteignent ses grèves et s&#8217;y précipitent parfois, il n&#8217;est sûr ni en hiver ni en été. De Port-Erik nous naviguâmes sur le cap Wedd, et aperçûmes 5 glaciers à la suite les uns des autres avant d&#8217;arriver à ce cap.</p>
<p>Cette partie de la côte de la terre de Baffin n&#8217;était pas sans danger pour nous, car les icebergs y abondaient à tel point que, s&#8217;échouant sur le rivage, ils nous cachaient, la plupart du temps, les terres qui se trouvaient derrière eux. Nous naviguions alors par des fonds de 240 brasses et nous trouvions par 71 ° 32&#8242; de latitude Nord et par 70° 30&#8242; de longitude Ouest. C&#8217;est dire que nous étions dans une position dangereuse qui exigeait la plus grande vigilance, et ce fut pourquoi je restais alors sur le pont tout un jour et toute une nuit. Le ciel, qui était couvert, s&#8217;éclaircissait pendant quelques instants à de rares intervalles,</p>
<p>Le 5, dimanche, nous aperçûmes la terre des approches de Scott&#8217;s-Inlet, à environ 14 milles de notre bâtiment. À 5 ou 6 milles à l&#8217;Est de l&#8217;entrée de Scott&#8217;s-Inlet la côte est basse, mais nous apercevions le pic élevé et recouvert de neige appelé Peak-Hill et l&#8217;île du monument d&#8217;Agnès. À 7 h du soir nous avions dépassé cette île et pénétré dans les terres jusque dans l&#8217;estuaire de la rivière Clyde, qui coule dans la direction de l&#8217;ouest-nord-ouest. Puis, nous mouillâmes dans le fond de la baie, à côté du baleinier-goélette Jennie.</p>
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		<title>Mer libre</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2009 19:46:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Capt. J.-E. Bernier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Reprenant la relation de la croisière de l&#8217;Arctic an point où je l&#8217;ai quittée, je rappellerai qu&#8217;à ce moment le vent commençait à se faire sentir beaucoup plus et que depuis un an, pour la première fois, le bâtiment se mit à rouler, ce qui ne manqua pas de faire plaisir aux marins du bord [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Reprenant la relation de la croisière de l&#8217;Arctic an point où je l&#8217;ai quittée, je rappellerai qu&#8217;à ce moment le vent commençait à se faire sentir beaucoup plus et que depuis un an, pour la première fois, le bâtiment se mit à rouler, ce qui ne manqua pas de faire plaisir aux marins du bord qui enfin se retrouvaient dans leur élément favori.</p>
<p><span id="more-110"></span></p>
<p>En effet, pendant 366 jours nous nous étions occupés à terre et sur les côtes, tantôt à faire des excursions, tantôt à traverser des détroits d&#8217;un passage difficile, où plusieurs modes de locomotion avaient été employés, mais toujours avec la sensation qu&#8217;on se trouvait .sur un sol ferme. Aussi, le rouli et le tangage du navire rappelaient-ils aux matelots leur genre de vie habituelle.</p>
<p>Le 30 août, à midi, nous nous trouvions par 73° 58&#8242; de latitude Nord et par 84° 23&#8242; de longitude Ouest; à 5 h. de l&#8217;après-midi, nous doublions le cap Crawford en passant à 5 milles au large. Vers minuit nous laissâmes derrière nous le cap Charles-York. Il .soufflait une violente brise du sud-est, mais la lune, qui était à son plein, brillait dans toute sa splendeur et nous permettait de jouir d&#8217;un spectacle grandiose.</p>
<p>De grands cumulus sombres étaient visibles au-delà des montagnes Byam-Martin de l&#8217;île Bylot, et l&#8217;on voyait les pics recouverts de neige qui, par cette nuit lumineuse, prenaient un aspect fantastique, accentué par leurs flancs abrupts et sombres qui contrastaient avec la blancheur de la neige et le bleu sombre de l&#8217;eau, où les rayons de la lune se reflétaient jusqu&#8217;au pied des falaises de la côte.</p>
<p>Le 31, nous nous trouvions par le travers de l&#8217;île Adam, alors qu&#8217;une forte bourrasque du sud, bien que nous fussions sous vapeur, nous empêcha d&#8217;y accoster. Nous fûmes donc obligés de louvoyer à la cape parmi des icebergs, afin d&#8217;attendre le beau temps. Nous avions maintenant l&#8217;île Wollaston dans l&#8217;est-sud-est, à trois milles de nous.</p>
<p>À 4 h. de l&#8217;après-midi, nous prîmes de nouveaux ris dans notre grande voile et à 6 h. une saute de vent se produisit. Comme il nous venait maintenant de l&#8217;Oue.st, nous nous engageâmes dans 1er passage Navy-Board</p>
<p><strong>Glaciers</strong></p>
<p>À cette saison de l&#8217;année, le soleil commençait à se coucher pendant quelque temps au-dessous de l&#8217;horizon; cependant, il faisait encore jour pendant 24 heures consécutives. À minuit, nous passâmes devant quatre grands glaciers dont l&#8217;aspect rappelait des rivières gelées qui seraient descendues d&#8217;une hauteur de 600 pieds en suivant le pente du sol.</p>
<p>En arrière se trouvaient des montagnes assez élevées. À cette latitude il gèle beaucoup plus qu&#8217;il ne dégèle, et les glaciers qui se dirigent toujours vers la côte baignent leur partie inférieure dans les eaux du passage susdit.</p>
<p><strong>Passage Navy-Board</strong></p>
<p>Le 1er septembre tandis, que nous naviguions dans le passage Navy-Board le temps était brumeux et il bruinait. En face de la pointe Low nous aperçûmes une île d&#8217;environ un quart de mille de long qui n&#8217;était pas portée sur les cartes, et un peu plus au sud, sur la rive opposée du passage, nous vîmes le cairn que nous avions construit au cours du voyage précédent de l&#8217;Arctic, sur la pointe Canada, ainsi nommée en souvenir du croiseur canadien, le Canada, le premier de nos navires de guerre qui ait porté des canons.</p>
<p>Devant nous tout un chapelet d&#8217;icebergs s&#8217;appuyait sur le banc de la côte ouest de l&#8217;île Bylot, parsemée de hauts fonds dangereux, que les bâtiments peu familiers avec ces parages doivent éviter d&#8217;assez loin. Au cours de ce voyage, un incident se produisit qui retarda quelque peu notre arrivée à Port-Albert: pendant que nous étions sous toutes voiles quelques-uns des boulons de notre chaîne de gouvernail se rompirent par l&#8217;usure, ce qui nous obligea à nous servir momentanément du second mécanisme de gouvernail.</p>
<p><strong>Rencontre de deux embarcations</strong></p>
<p>Le soir, vers 7 h., la vigie signala deux embarcations qui ramaient vers nous. Immédiatement, nous mîmes le cap sur elles. Elles étaient montées par des naturels de la rivière du Saumon qui se rendaient à Port-Albert. C&#8217;étaient les premiers êtres humains que notre équipage voyait depuis que nous avions levé l&#8217;ancre à Etah, Groënland, le 19 août 1908.</p>
<p>Nous prîmes ces gens à bord et poursuivîmes notre route vers Port-Albert où nous mouillâmes par 20 brasses, à 9.15 h. du soir.</p>
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		<title>Détroit d&#8217;Austin</title>
		<link>http://blogues.leplacoteux.com/bernier/2009/09/08/detroit-daustin/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2009 19:16:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Capt. J.-E. Bernier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Étant retourné à bord de l&#8217;Arctic qui avait mouillé, comme je l&#8217;ai dit, contre le bord de la banquise polaire, je fis virer de bord, et naviguai en descendant le détroit d&#8217;Austin pour atteindre le cap Cockburn de l&#8217;île de Bathurst. En cours de route, chaque fois que nous le pûmes nous recueillîmes des sondes. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">Étant retourné à bord de l&#8217;Arctic qui avait mouillé, comme je l&#8217;ai dit, contre le bord de la banquise polaire, je fis virer de bord, et naviguai en descendant le détroit d&#8217;Austin pour atteindre le cap Cockburn de l&#8217;île de Bathurst. En cours de route, chaque fois que nous le pûmes nous recueillîmes des sondes. </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"> </p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span id="more-106"></span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"> </p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">Nous passâmes au large du cap Schomberg qui se détache majestueusement de la côte. Le 22 août, nous trouvant à trois milles au large du cap Cockburn nous mîmes le cap de façon à laisser l&#8217;île Moore sur bâbord. À 9.30 h. du matin, nous étions à un demi-mille au sud de cette île. À partir du cap Cockburn nous sondâmes tout le temps, et constatâmes la présence de hauts fonds jusque dans l&#8217;Est de l&#8217;île Moore.</span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"> </p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">Puis, nous dûmes carguer quelques voiles et naviguer vers l&#8217;île Baker. Le champ de glace qui encombrait la majeure partie de la mer, avait là une vingtaine de pieds d&#8217;épaisseur et nous barrait le chemin. Nous y attachâmes notre navire et recueillîmes des sondes d&#8217;heure en heure, par des fonds de 38 à 77 brasses. L&#8217;Artic commençait à être menacé par les glaces. </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"> </p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">Nous dûmes manœuvrer de façon à parer l&#8217;île Moore, vers laquelle nous dérivions. Le 23, nous décapelâmes nos amarres pour éviter d&#8217;être pris dans la banquise, et comme le vent sauta au sud-est, nous mîmes le cap vers l&#8217;ouest, près de l&#8217;île Garret, après quoi nous doublâmes l&#8217;île Moore à 4 milles de sa côte. </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"> </p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">Nous étions obligés de consulter la sonde pour manœuvrer, ce qui nous conduisit vers l&#8217;île Browne que nous atteignîmes à midi, le 23 août, par 74° 50&#8242; de latitude Nord et 96° 25&#8242; de longitude Ouest. De là, sous vapeur, nous suivîmes une éclair­cie dans la banquise et amarrâmes le navire à la partie de&#8221; celle-ci qui tenait à la côte: entre les îles Browne et Somerville, par 95 brasses de fond. </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small"> </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small"><strong>Marées</strong></span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small"> </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">Les glaces venaient maintenant du sud-ouest, et leur mouvement nous permettait d&#8217;observer la direction des marées au large des îles Browne et Somerville. Le courant de jusant se dirigeait vers l&#8217;est et le flot vers l&#8217;ouest, nous enfermant dans les glaces, sans que nous puissions nous en échapper. </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"> </p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">Le 24 août, dans la matinée, la banquise commença à se détacher, ce qui permit à l&#8217;Artic de se diriger vers la pointe Ross, où nous l&#8217;attachâmes à la glace qui tenait encore au rivage, par 74° 30&#8242; de latitude Nord et 96° 24&#8242; de longitude Ouest. À cet endroit, nous nous approvisionnâmes d&#8217;eau douce, sur un grand champ de glace d&#8217;environ 50 pieds d&#8217;épaisseur, qui se trouvait à deux milles au nord de l&#8217;île Browne. Les sondes que nous recueillîmes accusaient des fonds de 47 brasses. </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"> </p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">Le temps était beau et clair et le vent soufflait de l&#8217;est. M. Jackson en profita pour faire des observations magnétiques sur la glace. </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small"> </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">Au large de l&#8217;île Griffith: Nous sommes pris dans les glaces et voyons des morses.</span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small"> </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">Le 24, alors que nous étions enfermés de tous côtés par les glaces et qu&#8217;il nous était difficile d&#8217;avancer, pour la première fois nous aperçûmes des morses pendant la nuit. Comme j&#8217;étais décidé à sortir de cette situation critique, je montai dans le nid de corbeau afin de trouver un passage dans les glaces qui pût nous permettre d&#8217;évoluer librement. Je restai toute la journée en haut du mât, confiant la manœuvre du bâtiment au premier et au second lieutenants à qui je donnais toutefois des ordres de la place élevée où je me trouvais. </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"> </p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">À midi, étant au large de l&#8217;île Somerville, je pouvais apercevoir l&#8217;île Griffith, à environ 11 milles. Nous étant efforcés d&#8217;aller de l&#8217;avant, nous parvînmes dans le sud-ouest de cette île, mais nous ne pûmes aller plus loin, ce qui nous obligea à nous rapprocher de la banquise pour éviter que le bâtiment fût jeté à la côte. Tout le détroit était couvert de glace qui dérivait. L&#8217;île Griffith est de formation calcaire. </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"> </p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">Nous nous trouvions alors si près d&#8217;elle que nous pûmes en prendre plusieurs photographies. Dans le sud-ouest, nous apercevions très bien le cap W alker, de l&#8217;île Russell. Voyant qu&#8217;il était impossible de naviguer nous décidâmes de remplir d&#8217;eau douce nos réservoirs et les chaudières du navire. </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"> </p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">Le 28, à 3 h. du matin, le soleil se leva dans un beau ciel; la glace commençait à se détacher et à se fractionner, créant de petits chenaux, dans lesquels, du nid de corbeau, je pouvais diriger le navire. </span></span></p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"> </p>
<p class="Style" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: &quot;Arial&quot;,&quot;sans-serif&amp;quot"><span style="font-size: small">À midi, nous nous trouvions par 740 34&#8242; de latitude Nord et par 940 45&#8242; de longitude. Ouest, sur des fonds de 77 brasses. Le bâtiment était maintenant complètement arrêté par des barrières de glace, formées apparemment par les glaçons qui avaient dérivés autour de l&#8217;île et s&#8217;étaient échoués sur plusieurs points à la fois.<br />
</span></span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>But de notre voyage au nord des îles de Melville et de Bathurst</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 15:41:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Capt. J.-E. Bernier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[À ce moment de notre croisière il n&#8217;est pas douteux que si l&#8217;Arctic eût pu franchir le détroit Byam-Martin, qui sépare la partie nord de l&#8217;île de Melville de celle de l&#8217;île de Bathurst, nous nous, serions rendus dans l&#8217;océan Arctique. Et ce, avec d&#8217;autant plus de satisfaction que si les contours dudit détroit ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À ce moment de notre croisière il n&#8217;est pas douteux que si l&#8217;Arctic eût pu franchir le détroit Byam-Martin, qui sépare la partie nord de l&#8217;île de Melville de celle de l&#8217;île de Bathurst, nous nous, serions rendus dans l&#8217;océan Arctique. Et ce, avec d&#8217;autant plus de satisfaction que si les contours dudit détroit ont été relevés des deux côtés, et ses caps baptisés de divers noms, on n&#8217;avait pas encore recueilli de sondes en son milieu, ni fait d&#8217;observations hydrographiques.</p>
<p><span id="more-103"></span></p>
<p>Aussi, aurions-nous aimé à déterminer, pour la première fois, la profondeur de ce détroit, à y étudier le régime des marées, et à nous rendre compte d&#8217;autres particularités qui auraient largement compensé les hasards de notre navigation en ces parages.</p>
<p>Notons que la pointe du Succès, de l&#8217;île de Bathurst, fut un lieu de rendez-vous bien connu des divers, groupes d&#8217;explorateurs qui, en 1852-3-4, vécurent dans cette région sous les ordres de sir Edouard Belcher, durant l&#8217;hivernage de l&#8217;Assistance sur la côte nord-ouest de la terre de Grinnell; et que, si l&#8217;on avait en partie relevé l&#8217;île Finlay, au nord de l&#8217;île de Bathurst, par contre, la mer, au nord-ouest de cette île, ne fut jamais explorée.</p>
<p>L&#8217;Arctic était en parfait état pour s&#8217;avancer dans le Nord. D&#8217;où notre espoir d&#8217;atteindre une haute latitude, pourvu qu&#8217;il nous fût raisonnablement possible de nous avancer dans le Nord-Ouest. Il m&#8217;est donc difficile de dire combien je fus déçu, lors¬que, au cap Key, je me trouvais en présence de la banquise polaire, qui nous était une barrière infranchissable.</p>
<p>Il est peut-être opportun de dire ici, à propos des glaces, que celles de formation polaire ont été tout particulièrement étudiées par le professeur Otto Peterson, de Stockholm, président de la Commission Internationale des études maritimes. De ses recherches il a conclu que la glace marine fond au-dessous du zéro C, et parfois même, lorsque soumise à une pression, à plusieurs degrés au-dessous de ce zéro.</p>
<p>En outre, il a observé que la glace d&#8217;eau douce, provenant de la fonte de neiges qui contiennent des impuretés, se contracte avant de fondre. Aussi, espérai-je que la glace qui nous barrait le chemin pourrait disparaître à la suite des divers phénomènes qui produisent sa fusion: influence du soleil, contraction durant l&#8217;été et action des marées et de vents; ce qui pourrait permettre à l&#8217;Arctic de s&#8217;engager en toute sécurité dans les chenaux des banquises soumises à la débâcle.</p>
<p>Mais, nous n&#8217;apercevions aucun indice de la rupture et de la dérive du champ de glace. Bien que l&#8217;Arctic<br />
grâce à sa forte membrure, fut à même de se frayer un passage à travers un embâcle récent, il lui était cependant impossible d&#8217;entamer une banquise telle que celle qui existait dans le chenal Byam-Martin.</p>
<p>Bref, les énormes glaces qui s&#8217;étendaient dans le nord et dans l&#8217;ouest nous enlevaient tout espoir de poursuivre notre voyage dans cette direction.</p>
<p>Cependant, si nos instructions ne nous avaient pas ordonné de croiser dans les eaux du sud que fréquentent les baleiniers, peut-être un séjour au cap Key aurait-il pu nous récompenser de nos efforts et voir se réaliser nos espérances, mais j&#8217;en doute fort. De l&#8217;endroit où nous nous trouvions dans le détroit Byam-Martin, il nous était donné de voir toutes sortes de glaces polaires, baptisées de noms variés par les explorateurs de l&#8217;extrême-nord.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que nous voyions de vastes hummocks, composés de glaçons aux formes angulaires jetés au hasard les uns à côté des autres, avec entre eux de la glace d&#8217;eau douce provenant de la fonte des neiges; cependant que nous apercevions, aussi, de-ci de-là, de grands champs de glace unis et parsemés d&#8217;icebergs aux flancs polis par la fusion, que la mer avait charriés.</p>
<p>Enfin, il y avait aussi de grands amoncellements de glace que cimentaient, pour ainsi dire, les flots congelés de la mer.</p>
<p>Lorsque les marées et les vents mettent en mouvement d&#8217;énormes masses de glaces, irrégulières comme celles-ci, et qu&#8217;elles viennent se buter sur les côtes des îles boréales, l&#8217;aspect des véritables montagnes et précipices qu&#8217;elles forment sont absolument grandioses.</p>
<p>Certes, il est fort difficile d&#8217;entamer des amas de glace aussi considérables, cependant un jour viendra peut-être où quelque brise-glace d&#8217;une grande puissance, parviendra à se frayer un passage à travers des banquises comme celle qui nous arrêtait. Il pénètrera alors dans l&#8217;océan polaire et permettra d&#8217;en étudier la géographie, la formation et le mouvement des glaces.</p>
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		<title>McClure et la perte de l’Investigator</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 15:36:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Capt. J.-E. Bernier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme au cours du voyage de l&#8217;Arctic nous nous sommes beaucoup intéressés aux explorations antérieures, j&#8217;en dirai ici quelques mots et, en particulier, entretiendrai le lecteur au sujet de certains voyages entrepris il y a plus d&#8217;un demi-siècle.

En 1850, McClure partit de Londres, en compagnie du commandant Collinson, son supérieur, à la recherche de Franklin. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme au cours du voyage de l&#8217;Arctic nous nous sommes beaucoup intéressés aux explorations antérieures, j&#8217;en dirai ici quelques mots et, en particulier, entretiendrai le lecteur au sujet de certains voyages entrepris il y a plus d&#8217;un demi-siècle.</p>
<p><span id="more-99"></span></p>
<p>En 1850, McClure partit de Londres, en compagnie du commandant Collinson, son supérieur, à la recherche de Franklin. Ces navigateurs passèrent par le détroit de Magellan, et s&#8217;arrêtèrent à Honolulu pour y faire des provisions.</p>
<p>Ils montaient respectivement l’Investigator et l&#8217;Enterprise qui, pour entreprendre leurs recherches, se quittèrent à Honolulu et suivirent des routes différentes. McClure, le premier,  se dirigea vers le détroit de Behring et poursuivit son voyage sans attendre Collinson, bien que le capitaine Kellett, qui se trouvait alors dans ces eaux, lui ait transmis l&#8217;ordre d&#8217;attendre son chef. L&#8217;Investigator était de plusieurs jours en avance sur l&#8217;Enter-prise.</p>
<p>Il continua son voyage vers le Nord-Est et atteignit l&#8217;île de Banks dont il suivit la côte nord~est, à la recherche de Franklin. Comme il n&#8217;avait encore rien trouvé, il s&#8217;engagea dans le détroit du Prince-de-Galles, qui sépare les îles de Banks et de Victoria. Mais ayant été surpris par les glaces l&#8217;Investigator hiverna dans ce détroit, 1850-51, non loin des îles de la Princesse-Royale, par 72° 50&#8242; de latitude Nord et 117° 35&#8242; de longitude Ouest, puis, quand il put de nouveau naviguer, il suivit la côte de l&#8217;île de Banks et la contourna jusqu&#8217;au nord, atteignant la baie de la Miséricorde.</p>
<p>L’Investigator ne devait plus en sortir, puisqu&#8217;il y fut abandonné en 1853. Depuis, il fut peut-être emporté à la dérive par les glaces.</p>
<p>Après avoir abandonné son navire, McClure et son équipage traversèrent le détroit qui porte son nom. Il atteignit Winter-Harbour, et y laissa des documents explicatifs, sur le rocher de Parry, dans l&#8217;espoir d&#8217;informer sir John Franklin que l&#8217;Investigator se trouvait dans la baie de la Miséricorde.</p>
<p>Ces documents furent retrouvés par le capitaine Kellett, après que McClure eut regagné son bâtiment. Ce fut alors que le capitaine Kellett envoya le lieutenant Pim et le Dr Domville, du Resolute, à la rencontre de McClure pour l&#8217;informer que le Resolute se trouvait là l&#8217;île Dealy, à peu de distance de Winter- Harbour.</p>
<p>Les papiers que Kellett laissa dans une cache, à l&#8217;île Dealy et que j&#8217;ai retrouvés, contiennent une description pathétique de l&#8217;affaiblissement et de l&#8217;émaciation de l&#8217;équipage de McClure, au moment où ces gens étaient sur le point d&#8217;abandonner l&#8217;Investigator. Le commandant Kellett qui, à l&#8217;époque était le supérieur de McClure, l&#8217;engagea à faire passer ses hommes à la visite et à demander des volontaires qui consentiraient à passer une nouvelle saison à bord de l’Investigator.</p>
<p>Les médecins firent rapport que les hommes d•e l&#8217;équipage de l&#8217; Investigator se trouvaient dans un tel état physique, qu&#8217;il leur était impossible de supporter les rigueurs d&#8217;un nouvel hivernage à bord de ce bâtiment, et que si on les y obligeait il en résulterait infailliblement un désastre. Cependant, les officiers, le charpentier et quatre matelots, hommes d&#8217;un grand courage, décidèrent de ne pas abandonner le navire.</p>
<p>Mais. comme ils ne suffisaient pas à le manœuvrer, McClure n&#8217;eut rien de mieux à faire que d&#8217;abandonner l&#8217;Investigator.</p>
<p>Ce fut donc avec le plus grand regret qu&#8217;il abandonna son navire à l&#8217;action des glaces et du vent. Avant d&#8217;en arriver à cette extrémité il fit cependant mettre en cache les provisions pour 66 hommes pendant quatre mois. Puis, il fit mouiller le bâtiment de façon à ce qu&#8217;il put à un moment donné être porté sur un haut fond, où il supposait que l&#8217;Investigator durerait encore pendant des siècles.</p>
<p>Le célèbre navigateur se trompait, car lorsque durant notre croisière, nous visitâmes la baie de la Miséricorde, au printemps de 1909, il fut impossible aux hommes et aux officiers, qui s&#8217;y rendirent, d&#8217;apercevoir le moindre vestige de la cache ou du bâtiment dont nous parlons.</p>
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		<title>Nous débarquons au cap Hotspur</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Aug 2009 17:32:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Capt. J.-E. Bernier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Le samedi, 21 août, nous nous trouvâmes au large du cap Hotspur et accostâmes à une banquise apparemment très vieille. De là, nous pouvions apercevoir dans le Nord la pointe du Succès. A 8 h. du matin, je débarquai avec quelques hommes, construisis un cairn à environ un quart de mille du cap Hotspur et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le samedi, 21 août, nous nous trouvâmes au large du cap Hotspur et accostâmes à une banquise apparemment très vieille. De là, nous pouvions apercevoir dans le Nord la pointe du Succès. A 8 h. du matin, je débarquai avec quelques hommes, construisis un cairn à environ un quart de mille du cap Hotspur et y laissai un document signalant notre passage.</p>
<p><span id="more-95"></span></p>
<p>Je crois que jamais aucun bâtiment ne se rendit aussi au nord dans ce détroit, dont la côte fut suivie et relevée en traîneau ou à pied, alors qu&#8217;on en baptisa les points saillants, les caps, les golfes, etc.</p>
<p>En même temps, MM. Jackson, McMillan et deux hommes débarquaient d&#8217;une autre embarcation, le premier pour faire des observations magnétiques, le second pour chercher des spéci­mens de minéralogie.</p>
<p> </p>
<p style="text-align: center">Gestes des premiers explorateurs de l&#8217;Amérique arctique, d&#8217;après des documents trouvés à Winter-Harbour, sur l&#8217;île Dealy, etc.</p>
<p>Le moment de reprendre notre croisière dans les eaux boréales était arrivé. Aussi, l&#8217;Arctic allait-il maintenant naviguer, non sans difficultés, à travers des détroits et des pertuis encombrés de glace flottante. Comme j&#8217;avais lu les récits des navigateurs qui s&#8217;étaiet efforcés de découvrir les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest, je m&#8217;attendais désormais à rencontrer de vastes champs de glace dérivant au gré des marées, et qui pourraient bien barrer notre chemin.</p>
<p>Je dois dire, cependant, que j&#8217;entretenais quelque espérance de succès, attendu que les eaux où nous nous trouvions ne m&#8217;étaient pas inconnues, et que dans un précédent voyage je m&#8217;étais familiarisé avec les côtes de ces parages.</p>
<p>J&#8217;avais, en outre, pris connaissance des relevés géographiques de cette partie du continent fais en ;1819- 20 par les fameux pionniers Parry et Liddon. Je n&#8217;ignorais pas, non plus, la configuration de l&#8217;île de Melville, celle des deux côtés du détroit de Lancastre et les relevés faits par les intrépides marins qui, de 1850 à 1854, recherchèrent les traces de l&#8217;expédition de sir John Franklin et du capitaine Crozier.</p>
<p>J&#8217;étudiais alors sur place ce qu&#8217;avaient fait, avec de grandes difficultés non exemptes d&#8217;incertitude, les marins illustres que j&#8217;admirais: Kellett, McClure, McClintock et Collinson. J&#8217;étais curieux et très fier de pouvoir vérifier l&#8217;exactitude des rapports publiés par Parry, au sujet de son fameux voyage, et ceux dus aux commandants Kellett et McClintock-du Resolute et de l&#8217;Intrepid, que le commandant Belcher avait chargés d&#8217;explorer: la partie ouest de l&#8217;île de Melville, les îles du Prince Patrice, de Bathurst, de Cornwallis, de Banks, de Victoria et toutes les petites îles de l&#8217;archipel.</p>
<p>Je ferai remarquer ici que les explorations poussées le plus au nord furent celles des officiers: Osborne, Hamilton et Richards que commandait Belcher, dont le navire l&#8217;Assistance hiverna dans Northumberland-Sound sur la côte nord-ouest de la terre de Grinnell. Au cours de ces différentes explorations des rendez-vous avaient été fixés: à la pointe du Succès, sur la partie Nord-Ouest de l&#8217;île Bathurst, et sur l&#8217;île Beechey, dans le détroit de Barrow.</p>
<p>Le commandant Belcher qui était resté à bord de son bâtiment dans N orthumberland-Sound, communiquait avec les explorateurs à l&#8217;aide de traîneaux qu&#8217;il envoyait aux points de rendez-vous susdits. Il faut dire aussi que le navire North Star, capitaine Pullen, avait été envoyé au rendez-vous de l&#8217;île Beechey, où il tenait lieu de magasin de provisions, et qu&#8217;une habitation, devant servir de magasin proprement dit, avait été construite au même endroit.</p>
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		<item>
		<title>Nous débarquons sur l&#8217;île Byam-Martin</title>
		<link>http://blogues.leplacoteux.com/bernier/2009/08/06/nous-debarquons-sur-lile-byam-martin/</link>
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		<pubDate>Thu, 06 Aug 2009 13:10:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Capt. J.-E. Bernier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 19 août, nous nous engageâmes entre les glaces et l&#8217;île Byam-Martin, et, grâce à maints efforts et à une vigilance continuelle, nous pûmes enfin naviguer librement et mettre le cap sur la pointe Gillman de l&#8217;île Byam-Martin, puis ancrer à 2 milles à l&#8217;ouest de cette pointe, par des fonds de 15 brasses.

Je débarquai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 19 août, nous nous engageâmes entre les glaces et l&#8217;île Byam-Martin, et, grâce à maints efforts et à une vigilance continuelle, nous pûmes enfin naviguer librement et mettre le cap sur la pointe Gillman de l&#8217;île Byam-Martin, puis ancrer à 2 milles à l&#8217;ouest de cette pointe, par des fonds de 15 brasses.</p>
<p><span id="more-92"></span></p>
<p>Je débarquai à la pointe Gillman et y trouvai le document que j&#8217;y avais laissé au cours du voyage de 1906. J&#8217;y joignis une nouvelle pièce, qui décrivait notre séjour à Winter-Harbonr, la date de notre départ de cette localité, les 60 milles de route que nous avions faits dans le chenal Byam-Martin, et ceux qui nous avaient ramenés au sud de l&#8217;île de ce nom.</p>
<p>Pendant que nous étions à mettre à leur place les documents dont je parle nous nous aperçûmes que la glace dérivait à l&#8217;horizon, aussi retournâmes-nous à bord en toute hâte. Cependant, notre courte descente à terre, sur l&#8217;île Byam-Martin, avait suffi à nous faire remarquer des pistes de bœufs musqués et de rennes et aussi à nous permettre de ramasser des morceaux de charbon.</p>
<p>Afin de mettre notre bâtiment en sûreté, nous naviguâmes vers l&#8217;Ouest et mouillâmes au large.</p>
<p>Le vendredi, 20, je remarquai que la glace dérivait maintenant de l&#8217;Est à l&#8217;Ouest sans cause apparente. Son déplacement se faisait à la vitesse approximative d&#8217;un demi-mille à l&#8217;heure, par vent du nord-nord-est. Nous étions par 750 6&#8242; de latitude Nord et 1040 de longitude Ouest.</p>
<p>Mon plus grand désir était maintenant de faire voile vers le Nord, par les détroits Byam-Martin et Austin, où j&#8217;aurais voulu recueillir des, sondes afin de me rendre compte si les fonds s&#8217;élèvent ou s&#8217;abaissent en montant vers le Nord-Ouest, ce qui m&#8217;aurait permis de me faire une idée de la topographie des territoires ou îles au nord-ouest des îles de Melville et de Bathurst.</p>
<p>Ce désir ressemblait fort à de l&#8217;entêtement, vu que par deux fois déjà nous avions tenté de réaliser ce projet, mais je ne l&#8217;abandonnai pas encore, et décidai de remonter le détroit susdit aussi loin que les glaces me le permettraient.</p>
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		<title>Chenal Byam-Martin et île Griffith</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Jul 2009 13:53:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Capt. J.-E. Bernier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Je me décidai à voguer vers le nord en suivant le chenal Byam-Martin, je m&#8217;y engageai donc sur une distance de 27 milles, mais comme, au-delà, ce bras de mer était absolument bloqué par les glaces, je fis amarrer le bâtiment à la banquise, dans l&#8217;espoir de trouver un passage quelconque.

Malgré toute notre vigilance, nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je me décidai à voguer vers le nord en suivant le chenal Byam-Martin, je m&#8217;y engageai donc sur une distance de 27 milles, mais comme, au-delà, ce bras de mer était absolument bloqué par les glaces, je fis amarrer le bâtiment à la banquise, dans l&#8217;espoir de trouver un passage quelconque.</p>
<p><span id="more-89"></span></p>
<p>Malgré toute notre vigilance, nous étant trouvés dans l&#8217;impossibilité d&#8217;aller de l&#8217;avant, nous nous laissâmes dériver dans le sud et allâmes mouiller sous le vent de la pointe Griffith, par des fonds de 15 brasses.</p>
<p>Le lendemain matin, MM. Jackson et McMillan se rendirent à terre pour faire quelques observations et recueillir des spécimens pouvant les intéresser.</p>
<p><strong>Pointe Griffith, île de Melville</strong>.</p>
<p>Ainsi que je l&#8217;ai dit, cette île est très belle, nous en eûmes de nouvelles preuves en débarquant près de la pointe Griffith, où nous vîmes huit bœufs musqués, puis six autres le lendemain, 16 août. Nous laissâmes ces animaux paître en toute tranquillité, car notre but en nous rendant à terre était de recueillir des spécimens de toutes sortes, pouvant enrichir nos collections d&#8217;histoire naturelle. Dans cette occasion, nous recueillîmes quelques morceaux de charbon assez gros pour qu&#8217;ils puissent être analysés à notre retour, ou placés dans les vitrines du musée géologique d&#8217;Ottawa.</p>
<p>En outre, sur un rocher élevé de 80 pieds au-dessus du niveau de la mer, à 2 milles à l&#8217;ouest de la pointe Griffith et à un mille dans les terres, nous érigeâmes un petit cairn de 5 pieds de haut.</p>
<p>Des collines où nous nous trouvions, nous vîmes que la glace s&#8217;en allait, ce qui nous engagea à faire route vers l&#8217;île Byam-Martin.</p>
<p>À minuit, nous nous trouvâmes à 28 milles au nord-nord-est de la pointe Griffith, et rencontrâmes de grands champs de glace formés durant le dernier hiver. Nous en suivîmes les chenaux dans la direction du nord-est. Ils nous menaient vers l&#8217;extrémité nord de l&#8217;île Byam-Martin. À ce moment nous recueillimes maintes sondes par des fonds de 56 à 60 brasses.</p>
<p>L&#8217;Arctic n&#8217;avançait que très lentement, et fut complètement arrêté par les glaces. Même, il commença alors à dériver en arrière vers le sud, avec les glaces, par des fonds de 108 brasses. Le lendemain matin, 18, le vent sauta au nord-ouest, devint très violent et refoula les glaces vers la terre. Pendant que nous dérivions avec la banquise vers le sud-ouest, nous recueillîmes des sondes de 65 brasses.</p>
<p>Nous n&#8217;apercevions alors qu&#8217;un étroit chenal qui suivait le rivage, mais nous eussions été peu sages de nous y engager. La glace contre laquelle nous luttions maintenant appartenait à la banquise polaire dont elle s&#8217;était détachée, pour suivre le chenal qui sépare l&#8217;île Byam-Martin de la pointe Griffith.</p>
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